Caroline Vigneaux invitée de “Une (parenthèse) avec”

Caroline Vigneaux, une humoriste engagée

 

Avocate au barreau de Paris jusqu’en 2008, Caroline Vigneaux est aujourd’hui une humoriste connue et reconnue. Très engagée pour la cause des femmes, elle n’hésite pas à dénoncer les injustices à travers ses sketchs. À Honfleur, dans le cadre du festival Estuaire d’en Rire, elle présentera son deuxième spectacle « Caroline Vigneaux croque la pomme » pour lequel elle a été nommée aux Molières 2019. Tout juste rentrée de vacances et avant de remonter sur les planches, elle a accepté de répondre aux questions de La Gazette fleurie.

Caroline Vigneaux…

Vous serez sur scène le 19 septembre à Honfleur. Est-ce que vous connaissez ce coin de Normandie ? 

Oui très bien. Je suis allée très souvent à Honfleur et à Blonville. Je considère même Honfleur comme ayant l’un des plus beaux ports de France.

Avoir été avocate, est-ce que c’était déjà faire un peu de one-woman-show, l‘humour en moins lors des plaidoiries ?

C’est plutôt l’inverse. Je viens d’une famille très catholique et stricte. Je n’étais pas éduquée pour être comédienne. Avocate c’était le métier idéal pour parler en public.

Vous avez expliqué qu’à vos débuts, un avocat général avec lequel vous vous étiez écharpée lors d’une plaidoirie était venu vous voir, sans le savoir, dans une petite salle parisienne. Et que dès lors, vous ne pouviez plus faire marche arrière. Est-ce qu’aujourd’hui vous le remerciez ? 

Oui bien sûr… Ce fut un grand moment d’ailleurs. Mais avec du recul, même s’il n’était pas venu me voir, ça n’aurait rien changé. J’aurai continué dans l’humour car j’aime faire rire. 

Vous avez été intervenante dans l’émission « L’Arène de France » sur France 2 et vous avez joué dans la troupe de théâtre de l’union des avocats. Finalement, vous avez toujours été attirée par la scène ?

Pour la troupe de théâtre c’est un peu le hasard. Comme dans beaucoup d’études, il y avait une grosse fête en fin d’année avec un spectacle dans lequel je jouais. De là, on m’a conseillé de rejoindre la troupe dont j’ignorais l’existence. On écrivait nous-mêmes nos textes avec un humour très corporatiste. J’y ai découvert le plaisir d’écrire. Et à ma première vanne, les gens ont ri. 

Peut-on dire de vous que vous êtes une humoriste engagée ? 

Bien sûr et je le revendique. Je me bats contre les violences faites aux femmes. C’est un drame absolu. Si c’était au nom d’une religion le sujet serait pris à bras le corps… Pour moi, l’humour est la meilleure façon d’en parler. 

En octobre 2018, dans l’émission On n’est pas couché, vous avez déclaré que « le prix d’une bite était de 900€ », en référence à une différence de salaire que vous aviez avec un collaborateur masculin embauché en même temps que vous dans un cabinet d’avocat. Pensez-vous que les choses changent ? 

Je suis une optimiste et je pense que les choses évoluent. On doit surtout arrêter d’accepter les postes moins bien payés. Mais on n’a pas été formées pareil que les mecs. Nous, on nous apprend à être gentilles, douces, à tout accepter, … 

Pour faire passer des messages, n’est-il pas plus facile d’être humoriste femme, plutôt qu’humoriste homme, que l’on taxe souvent de machistes, misogynes, … ?

Pas du tout. Regardez Olivier de Benoist, il a fait de la misogynie son fond de commerce et c’est très drôle. Il me fait beaucoup rire. L’important est que la blague soit drôle et surtout, que l’on comprenne que c’est une blague, qu’elle vienne d’une femme ou d’un homme. D’ailleurs, pour moi, il n’y a pas « d’humour féminin ». 

Dans vos débuts, vous avez beaucoup travaillé auprès d’Anne Roumanoff. Qu’avez-vous appris à ses côtés ? 

Elle est formidable. J’ai découvert qu’il fallait bosser non stop. Sur un spectacle je travaille tous les jours dessus. Y’a pas de secret, faut bosser !

Caroline Vigneaux sur scène, ça donne quoi exactement ?

J’ai choisi humoriste pour faire rire. Donc les gens rient. On dit de moi que j’ai un humour intelligent et ça me va. On apprend des trucs en riant. Par exemple, j’ai un sketch sur l’évolution du féminisme et à chaque date, il y a une vanne. 

Aujourd’hui, regrettez-vous d’avoir laissé votre robe d’avocate pour être humoriste ? 

J’ai adoré le métier d’avocat. Mais je ne redeviendrais pas avocate, même si ma carrière d’humoriste ne marche pas. Je ferais autre chose. Personne n’a eu de succès sans échec.

Justement, si vous deviez faire autre chose, ça serait quoi ? 

De la mise en scène. Ça m’attire beaucoup.

Au-delà de votre tournée, quelle est votre actualité ?

J’écris un manuel pour Flammarion sur le changement de vie. Un manuel que j’aurai aimé avoir moi-même quand j’ai eu envie de ce changement. Aujourd’hui, après 10 ans, je me sens légitime pour le faire. J’écris aussi un long-métrage. Une comédie, mais je ne peux pas en dire plus. 

Une parenthèse fruitée avec Caroline Vigneaux

Êtes-vous bonne poire ?

Oui, mais jusqu’à une certaine limite.

Ramenez-vous facilement votre fraise ?

Oh que oui ! C’est d’ailleurs pour ça que je fais ce métier. J’ai toujours quelque chose à dire.

Êtes-vous émotive au point de tomber dans les pommes ?

Non, j’ai un caractère assez fort.

Êtes-vous du genre à partager ou à tout garder pour votre pomme ?

Ça dépend quoi… Si c’est une part de gâteau, je partage, mais ma brosse à dent ou ma vie perso, je garde.

Vos vacances vous ont-elles donné la pêche pour démarrer une nouvelle saison de tournée ?

Oh que oui. Je suis allée à Los Angeles, ville du sport. Je n’ai pas arrêté d’en faire. J’y ai même découvert le vélo. 

A la fin d’un spectacle, quelle est la cerise sur le gâteau ?

Une standing-ovation !

Avez-vous déjà travaillé pour des prunes ?

Au début toujours. Pas en tant qu’avocate, mais en tant qu’humoriste . 

Selon vous, quel est le fruit défendu ?

Aucun ! Faisons ce dont on a envie. Pour moi, le puritanisme, les règles, … y’en a marre.

Et enfin, une blague entre la poire et le fromage ?

Je raconte peu de blagues, je ne sais pas faire.

error: Contenu protégé. Contactez-nous pour l\'utiliser.