Emmanuel Chaunu invité de “Une (parenthèse) avec”

Emmanuel Chaunu, le croqueur Normand de l’actu

 

Ses coups de crayons sont partout ou presque. Dessinateur et caricaturiste, Chaunu, de son pseudo, croque l’actualité tous les jours dans la presse écrite locale, sur le plateau du JT de France 3 Normandie et depuis un an, dans l’émission « Vivement dimanche » sur France 2 aux côtés de Michel Drucker. Mais Chaunu c’est aussi un homme de scène qui manie avec brio le dessin, les sketchs et l’humour. Le samedi 19 octobre, il sera à Cabourg dans le cadre de la saison culturelle. Il s’est prêté volontiers aux questions de la Gazette.

©Nicolas Bonneau

Emmanuel Chaunu…

Le Chaunu Show est né il y a quelques années maintenant. Rappelez-nous comment ce spectacle a vu le jour ? 

J’ai toujours voulu être comédien. Mais j’étais timide et ma carrière de dessinateur a pris le dessus. Puis, au fil du temps, je me suis dit que personne ne faisait ce que je fais aujourd’hui, faire une revue de presse avec l’écriture de sketchs. Ce show est né entre les attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan. Je me suis dit à ce moment-là qu’il fallait que je monte sur scène, et j’ai commencé au café Mancel à Caen. 

Depuis, vous avez pris goût à la scène. Peut-on imaginer vous voir dans d’autres spectacles ou même au cinéma ? 

Non… Là je travaille vraiment mon personnage pour le faire connaître. D’autant qu’en France, on a tendance à mettre les gens dans des cases, et moi, j’ai plus une gueule de vendeur que de dessinateur avec mon costume trois pièces, sans cheveux longs… En 2020, grâce à une maison de production, je vais encore plus tourner avec le Chaunu Show. Et puis ce mois-ci, il va y avoir la sortie du livre « le canapé rouge », qui reprend tous les dessins de ma première saison dans l’émission de Michel Drucker.

Peut-on dire que vous êtes ambassadeur de la Normandie ? 

Pas du tout. Peut-être plus un porte-voix. Je vis en Normandie et je l’assume, donc pas besoin d’en faire plus. Seul problème de la Normandie, c’est qu’elle ne s’aime pas. Et il est difficile de réveiller les Normands sur leur fierté. 

Votre crédo en dessin, c’est la politique. Est-ce venu naturellement ?

C’est un tout, et pas uniquement la politique. Je dessine l’ensemble de l’actualité. Mais c’est vrai que la politique est très reliée à la caricature. Traditionnellement, la caricature se moque des puissants.

Qu’est-ce qu’un bon dessin de presse ? 

C’est un dessin qui doit parler aux gens, qui doit les toucher. L’artiste doit être en phase avec ce que ressent et vit le public. 

Vous avez travaillé avec Laurent Ruquier aux Grosses Têtes et vous travaillez avec Michel Drucker dans l’émission « Vivement Dimanche ». Ce sont deux Normands. Est-ce un hasard ? 

Oui, complètement. Drucker et moi c’est une vieille relation. Il est très attaché aux territoires. C’est un mélange de l’excellence parisienne avec une attention particulière aux gens. Il aime donner la chance aux gens. Quant à Ruquier c’est différent. Je suis allé aux Grosses Têtes par l’intermédiaire de Philippe Geluck que j’avais rencontré au Mémorial de Caen. 

Justement, est-ce que vous retournerez aux Grosses Têtes ?

J’y suis allé deux fois en tant qu’invité, mais je ne suis pas sociétaire permanent des Grosses Têtes. Je ne suis pas assez connu pour ça. J’y retournerai s’y on m’y invite. 

Comment voyez-vous aujourd’hui le dessin de presse ? 

D’abord, il faut que la presse existe encore. Un dessinateur de presse c’est un peu comme un orang-outan a qui on enlève les arbres. Mais j’ai la chance d’être aussi tous les soirs sur France 3. Et je me suis toujours dit qu’il fallait que je me diversifie, ce que je fais avec mon spectacle. 

En jouant à Cabourg, vous serez un peu à domicile. C’est une pression supplémentaire ? 

J’adore Cabourg, j’y ai beaucoup de souvenirs. Pour moi, c’est la plus belle station de la Côte Fleurie. Et puis il y a eu Bruno Coquatrix qui a été un maire formidable. Après, sur scène, j’incarne un personnage, je suis libre. Je reste dans la tradition du chansonnier. Et comme dans n’importe quelle ville où je joue, je traite de l’actualité nationale et locale.

Une parenthèse normande avec Emmanuel Chaunu

Mer ou campagne ?

Plutôt mer parce que j’y habite. Mais en fait, j’aimerais avoir la mer à la campagne, et la campagne à la mer.

Pour le fromage, camembert, livarot ou pont-l’évêque ?

J’aime beaucoup le tour cycliste de Normandie. Donc je dirais camembert et livarot, car il est très difficile de mettre un pont-l’évêque de forme carré sur un cadre de vélo (rires).

Cidre ou poiré ?

Poiré à fond ! C’est une boisson excellente.

Vache normande ou cheval percheron ?

Les deux me fascinent… La vache normande est un chevalet vivant ; une charolaise peinte. On est la région de l’impressionnisme ne l’oublions pas. Et le percheron, malgré ses gros sabots, il a une incroyable finesse. Bien plus que Donald Trump et Boris Johnson.

Côté musique, vous êtes plutôt le style Orelsan (de Caen), Vincent Delerm (de Bernay) ou Keen’V (de Rouen) ?

Orelsan a du talent, mais j’ai du mal avec son rapport à la Normandie. Keen’V, je ne connais pas. En fait, je dirais aucun des trois.

Pour le 7e art, festival du cinéma américain de Deauville ou du film romantique de Cabourg ?

Je vais dire Cabourg, même si je ne suis pas très festival.

Vous sentez-vous l’âme d’un conquérant comme Guillaume ou d’un poète comme Proust ?

J’aurais tellement aimé être les deux…

Vous fréquentez plutôt l’ex Basse-Normandie ou l’ex Haute ?

Culturellement je suis un Normand de l’Ouest, donc plutôt l’ex Basse. Mais j’aime bien aussi l’ex Haute, mon grand-père était de Gournay-en-Bray et j’adore le Havre. 

Enfin, pour une balade romantique, Honfleur (14), Bagnoles de l’Orne (61) ou Étretat (76) ?

Et bien ça sera Barneville-Carteret dans la Manche avec une vue sur les îles anglo-normandes.

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