Édouard ROGER-VASSELIN invité de “Une (parenthèse) avec”

Après une saison épuisante sur terre battue, Édouard Roger-Vasselin s’apprête à jouer l’Open de tennis sur gazon de Deauville-Trouville. Il tentera d’y gagner un nouveau trophée, lui qui n’a jamais loupé une édition depuis sa création, en 2016.

Spécialiste du double (17 titres), le natif de Gennevilliers a vécu de nombreux moments de gloire dans sa carrière. Le titre à Roland Garros en 2014, aux côtés de Julien Benneteau, marquera l’un des plus grands moments de sa vie de tennisman. Il prépare maintenant sa saison sur gazon, avec le Queen’s et Wimbledon, deux des meilleurs tournois sur herbe, dans les quartiers de Londres.

Édouard Roger-Vasselin…

C’est important pour vous de venir à l’Open de Deauville Trouville sachant que c’est l’un des seuls tournois sur gazon naturel en France ?

Oui ! Déjà parce que je n’ai raté aucune édition, donc je commence à avoir mes repères. J’adore la région, j’ai de la famille et des amis proches qui habitent à Deauville. J’y ai même acheté un appartement. Cette ville n’est pas ma deuxième mais ma troisième maison.

Et au-delà de l’aspect sentimental, pour s’entraîner sur gazon en France, je crois qu’il n’y a qu’ici que c’est possible. À Deauville, toutes les conditions sont réunies pour bien se préparer, pour bien s’entraîner. Il y a pas mal de courts qui sont excellents, le cadre est bien. C’est vraiment idéal.

Vous êtes le fils de Christophe Roger-Vasselin, vous faites partie des 3 duos pères fils ayant atteint le top 100 mondial. C’était un souhait de faire le même métier que votre père et d’arriver au même niveau que lui ?

Non pas forcément, même si c’est lui qui m’a initié. Je n’étais pas forcément destiné à faire une carrière, j’ai gravi les échelons jeune, petit à petit sans forcément être en première ligne au début. J’ai continué en ayant envie de faire un peu mieux. Je n’ai pas réussi à atteindre son classement, il a été 29e joueur mondial et moi 35e, mais une fois que j’étais dedans j’avais envie de poursuivre mon chemin.

Quel est votre meilleur souvenir dans votre carrière de tennisman ?

C’est de loin la victoire à Roland Garros en 2014, en double avec Julien Benneteau. C’est incontestablement mon plus beau souvenir. On rêve, enfant, de soulever la coupe de Roland Garros. C’est un rêve qui se réalisait donc c’était exceptionnel.

Le pire ?

C’était en 2014, lorsque j’ai eu une balle de match en Australie pour atteindre les huitièmes de finale en simple, contre Kevin Anderson. J’avais une balle de match au cinquième set et, je ne l’ai pas concrétisée. C’était surtout l’occasion d’atteindre mon meilleur stade en grand chelem, un quatrième tour, un huitième de finale. J’étais déjà au troisième tour, ce n’était pas si mal que ça mais à un point près ça aurait pu être vraiment magnifique.

Le meilleur partenaire en double ?

J’en ai eu quelques un qui étaient excellents. Avec Julien Benneteau on a eu les meilleurs résultats possibles. J’ai eu la chance de jouer avec Mike Bryan, numéro un mondial en double, qui est peut-être le meilleur partenaire même s’il y a moins d’osmose parce qu’il est américain. Il y a Nicolas Mahut aussi avec qui j’ai eu la chance de jouer et d’avoir de très bons résultats. C’est mon top 3 !

C’est facile de trouver un partenaire de double ?

Non ce n’est pas facile. Il y a être bon joueur au classement mais il faut surtout savoir s’entendre. Il y a des tas de caractères différents et de langues différentes. C’est pour ça qu’avec un Français, on dialogue plus facilement sur le court ou en dehors, il y a moins de gêne. Chacun a aussi sa culture. J’ai joué l’année dernière avec un Indien, cette année je suis avec une Croate, on n’a pas tous la même culture. C’est juste ça qui est un peu difficile.

Étiez-vous destiné à une carrière aussi brillante en double plutôt qu’en simple ?

Non, même si j’ai un jeu qui se porte bien. J’ai bien joué en quelques coups de raquette, service, retour, volée, ce qui va très bien sur le double. Mais quand on joue au tennis au début, c’est pour être meilleur en simple évidemment. Mais le double fait partie de mon évolution tennistique, je prenais beaucoup de plaisir à en faire étant jeune donc tout ça a aidé. Il y a plus de concurrence en simple, c’est pour cela que c’est plus dur.

Quel est le meilleur joueur que vous avez rencontré ?

En simple, je n’ai jamais eu la chance de jouer sur les matchs officiels Roger Federer ou Rafael Nadal, même si le dernier je l’ai joué en exhibition donc ça ne compte pas. Par contre j’ai affronté trois fois Andy Murray et j’ai pris deux petits sets à chaque fois… Il avait toutes les réponses à mon jeu et je n’ai jamais réussi à l’inquiéter.

Si vous aviez une baguette magique, quel aspect de votre jeu améliorerez vous ?

Mon service. Je pourrais être plus puissant et gagner 20 km/h de plus !

Sur quelle surface préférez vous jouer ?

La terre battue parce que j’ai grandi dessus. Mais sinon sur gazon parce que le cadre est agréable que ce soit à Deauville ou en Angleterre à Wimbledon. Quand on sort d’une saison sur terre battue à Roland Garros, qui peut être magnifique mais qui prend beaucoup de jus, la verdure me calme immédiatement. Je me sens bien et aime bien jouer dessus.

Est ce que vous avez des tics comme
Rafael Nadal ?

Non, pas autant que Nadal quand même ! Mais j’ai quelques petites manies pendant le match. Je pose mon sac toujours du côté extérieur de la chaise, par exemple. Je prends toujours trois balles avant de servir pour ne choisir que les deux meilleures. Si je n’en ai que deux, j’attends que le ramasseur de balles m’en donne une troisième.

MC

INTERVIEW “sans filet !” ÉDOUARD ROGER-VASSELIN, Êtes-vous plutôt…

…Cornet simple ou double pour une bonne glace en été ?

Simple, je ne suis pas très gourmand !

…Nicolas Mahut ou Julien Benneteau ?

Je ferais un mix des deux. Il y a des choses de l’un et de l’autre que je ne voudrais pas prendre du tout par contre ! Julien aime beaucoup parler, même sur le court, alors que moi je suis plutôt introverti.

Nicolas joue toujours, donc je m’e sens plus proche de lui. On a un peu le même parcours, il a une belle carrière en simple, encore meilleure en double.

…Nadal ou Federer ?

Roger Federer ! Pour le style de jeu.

…service cuillère à la Michael Chang ou service volée à la Michael
Llodra ?

Je suis old school encore, service volée !

…Roland Garros ou Wimbledon ?

Roland Garros ! 

…gagner un grand chelem ou une Coupe Davis ?

La nouvelle Coupe Davis ne m’enchante pas trop, mais j’ai la chance d’avoir déjà gagné un grand chelem donc aujourd’hui je dirais la Coupe Davis. 

…Federer ou Gasquet pour un revers à une main ?

Richard Gasquet, parce qu’il est français. C’est juste pour ça !

MC

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