Fred Blondin invité de “Une (parenthèse) avec”

Fred Blondin, rockeur de l’ombre

 

Vous connaissez peut-être sa voix rauque et puissante qui porte le blues jusqu’au plus profond de vos tripes. Auteur et compositeur, il a signé des tubes pour des grands noms de la chanson française au premier rang desquels Johnny Halliday, Michel Sardou, Patricia Kaas, Yannick Noah, Julio Iglesias, … 

Interprète, il donne à sa plume et à celles de Grand Corps Malade, Cali ou encore Calogéro une résonance qui ne laisse pas indifférent celui qui prend le temps de découvrir sa riche discographie.

Fred Blondin…

Votre enfance a été bercée par la variété française et la musique anglo-saxonne ; laquelle ressort le plus dans vos chansons ?

Le blues m’a beaucoup marqué, mais je chante exclusivement en français (j’ai un terrible accent anglais) donc je dirais que c’est un parfait mélange des deux.

Comment s’est passée votre rencontre avec Johnny ?

Je me suis retrouvé à faire sa première partie à la demande Jean-Claude Camus, son producteur de spectacle. On se retrouvait avec Johnny dans les loges, il me faisait chanter tous les jours avec lui, une amitié est née et de fil en aiguille il m’a demandé une chanson, puis 2, puis 3 et finalement j’ai dû en faire 6 ou 7.

Vous avez écrit et composé « Mon plus beau Noël » pour Johnny. Qu’est-ce que vous retenez de cette chanson ?

Quand je l’entends c’est surtout l’histoire d’une chanson qui ne devait pas exister qui me revient : à l’époque la politique d’Universal était de choisir des chansons d’artistes plus connus que moi. Donc au moment de boucler l’album ils m’ont viré 4 titres. Et puis dans la nuit j’ai écrit un texte sur Jade, la petite fille qu’il venait d’adopter. Ils ont rouvert le studio et ils l’ont enregistrée.

Une tournée avec Johnny ça se passait comment ?

C’était une autre planète, surtout pour les petits artistes comme moi. J’avais des yeux d’enfants. J’étais acteur mais surtout spectateur. La tournée des stades, les zéniths, l’Olympia, ce sont des salles que je ne fais pas donc ce sont des souvenirs incroyables ! J’ai eu la chance de faire ces tournées dans une période où il était gérable, je sais que ce n’a pas toujours été le cas.

Quelle est la chanson dont vous êtes le plus fier ?

Je commence plein de choses sans les finir donc quand je vais au bout d’une chanson généralement j’en suis fier.

Il y en a-t-il une que vous auriez préféré ne pas écrire ?

J’en trouve certaines un peu faciles ; j’aurais pu mieux faire. C’est l’histoire de ma vie à l’école : peut mieux faire. Je suis un gros fainéant moi. Je ne travaille que pour l’argent, sinon je ne travaillerais pas. D’ailleurs quand j’ai de l’argent je ne travaille pas ! Les gens pensent que je m’emmerde mais j’adore ça en fait ! J’aime me lever le matin en me disant « Je n’ai rien à faire ».

Quel est le plus beau souvenir de votre carrière ?

Je n’ai que des bons souvenirs en fait ! Je suis autodidacte, je ne sais pas lire une partoche, je ne sais même pas ce que j’aurais pu faire s’il n’y avait pas eu la musique. Donc j’ai toujours pris ça comme un vrai cadeau. Je gagne ma vie en faisant un truc que je ferais pour m’amuser si je devais bosser comme comptable ou je ne sais quoi. Je me suis toujours dit que j’étais un putain de privilégié.

Vous êtes un révolté ; à quoi avez vous envie de tendre votre plus beau doigt d’honneur ?

Socialement il y a de quoi mettre un doigt d’honneur à plein de choses. C’est facile à dire mais c’est la réalité : je trouve que l’écart entre les gens qui gagnent très peu et ceux qui gagnent beaucoup est indécent. J’ai envie de mettre un doigt d’honneur à cette société de consommation où on nous fait acheter des trucs dont on n’a pas besoin avec de l’argent qu’on n’a pas. Ça me rend pessimiste si je réfléchis trop à tout ça. Mais j’ai 55 ans, je suis dans une limite d’âge où je deviens vieux, alors je me dis souvent « arrête parce que là tu deviens un vieux con ». Donc je ne sais pas si ma révolte est réfléchie ou si c’est parce que je deviens réac’.

Vous chantez qu’il n’y a « pas de liberté sans prix » ; alors c’est quoi le prix de la liberté ?

Être libre c’est être hors du système, donc c’est se couper de beaucoup de choses. Moi j’ai l’impression d’être un peu libre parce que quand je me lève le matin j’ai le droit de me faire chier et d’assumer. J’ai pas quelqu’un qui me parle mal pour me dire ce que je dois faire le matin quand j’arrive au boulot, donc oui j’ai un sentiment de liberté et de privilège. Après je pense que ce mot ne représente pas la même chose pour tout le monde.

Pouvez-vous nous parler un peu de votre concept C.A.L.M. ?

C’est quelque chose que j’ai monté il y a 7 ans. L’idée est de faire des Concerts À La Maison. Les gens me contactent sur ma page Facebook et je débarque chez eux pour chanter dans leur salon. Je ne sais pas du tout où je vais atterrir et j’adore ça ! C’est une très bonne expérience humaine. Mon soucis c’était de rendre ça accessible à tout le monde et pas simplement aux gens qui ont les moyens donc ça ne coûte pas très cher. Les gens s’y mettent à plusieurs, invitent des potes et s’ils sont une vingtaine ça leur revient à 20 balles chacun.

Vous chantez qu’il n’y a pas de paradis sur Terre ; même la Côte Fleurie n’en est pas un ?

Ça se rapprocherait du paradis s’il faisait beau 300 jours par an et si la mer était à 26-27. On en est loin, mais j’aime bien ce coin, je le connais depuis que je suis gosse.

Une parenthèse… rock & blues avec Fred Blondin

Au réveil vous vous sentez plutôt blues ou plutôt rock ?

Ça dépend de l’humeur de la veille ! 

Vieilles canailles ou nouvelle scène ?

Vieilles canailles. 

Sur une île déserte vous emmenez une guitare classique ou guitare électrique ?

Je dirais une guitare classique parce que pour brancher une électrique ça va être compliqué ! 

Rolling Stones ou Beattles ?

Rolling Stones

Eddy Mitchell ou Dick Rivers ?

Eddy Mitchell

Trust ou AC-DC ?

AC-DC

Si je vous parle de streaming ?

Je pleure en regardant mes droits à la SACEM…

Petite scène ou grand stade ?

Je n’ai jamais fait de grande salle à mon nom mais je suis un mec de bistrot, j’aime bien l’ambiance des petites salles où on voit les gens, où on peut discuter et boire un petit coup avant et après. 

Une émission de télé devant 500 000 spectateurs ou une scène devant 100 fans ?

Une scène devant 100 fans. 

Écrire, composer ou interpréter ?

Composer !

Chanter ou être en vacances ?

Pour moi c’est un peu pareil, mais pour faire bien je vais dire chanter. Ou non : je préfère chanter en étant en vacances. 

Vous faites du boogie woogie avant de faire vos prières du soir ?

Oula non, j’ai arrêté les prières et pour

le boogie woogie à mon âge il faut faire attention au tour de reins. 

Donc j’ai arrêté les deux !

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