Guillaume Maidatchevsky, invité de “Une (parenthèse) avec”

Guillaume Maidatchevsky, une « bête » de réalisateur !

 

Son nom ne vous dit peut-être rien. Et pourtant, les films animaliers de Guillaume Maidatchevsky, sont vus par des millions de téléspectateurs sur France 2. Cette fois, c’est au grand écran qu’il s’est attaqué avec Aïlo, une odyssée en Laponie. Un conte animalier plein de tendresse qui met en lumière la vie et la survie d’un jeune renne sauvage. Le DVD vient de sortir et déjà Guillaume, à seulement 39 ans, s’apprête à repartir pour d’autres projets tout aussi exaltants. Rencontre.

Guillaume Maidatchevsky…

Comment de Bavent se retrouve-t-on en Laponie ?

Je suis né à Caen, j’habite à Ouistreham, mais j’ai vécu à Bavent. Avec mon père, on se promenait souvent dans la forêt. Il m’a sensibilisé à la nature. C’est resté et j’ai toujours eu envie d’en savoir plus. Puis j’ai fait des études de biologiste marin à Caen. Je rêvais de voyager, mais je n’étais pas assez bon pour ça. J’ai ensuite fait des études de journaliste scientifique. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré Nicolas Hulot avec qui j’ai bossé sur Ushuaïa. Et j’ai commencé à réaliser des films, jusqu’à celui-ci en Laponie.

Justement, comment est née l’idée d’Aïlo, une odyssée en Laponie et comment vous êtes-vous préparé pour tourner en Laponie ?

L’idée est venue de mes enfants, quand je me suis aperçu qu’ils connaissaient mieux l’histoire des animaux de la jungle ou de la savane, que ceux plus proches de nous, en Europe. Pour ce qui est de la préparation, je fais beaucoup de sport, j’ai donc une bonne condition physique. Ce qui est préférable quand on marche dans la neige avec une caméra de 20kg sur les épaules. 

Quand on est jeune papa, ce n’est pas trop dur de partir comme ça ? 

Mes enfants sont habitués. Ma femme un peu moins car elle pensait épouser un biologiste (rires). Mais je ne pars jamais deux ou trois mois d’affilée. Aïlo a été fait en plusieurs sessions. 

Comment s’est passée l’organisation de ce tournage ? Y a-t-il eu un repérage ?

Il y a eu trois repérages. D’abord tout seul avec mon scénario, accompagné du co-producteur finlandais. Ensuite, j’ai procédé à une réécriture du script par rapport à ce que j’avais vu, avant un nouveau repérage avec mon assistante réalisatrice. Et enfin un troisième avec le directeur de la photo.
Puis on est partis une première fois avec une équipe très réduite pour filmer les plans larges. Après nous avons eu recours à des animaux habitués aux caméras. On a travaillé avec des imprégnateurs pour les approcher et suivre au mieux le script, même si je l’ai constamment adapté. Parfois c’est frustrant quant on a écrit un scénario pour avoir une émotion ou une joie à tel ou tel moment et qu’on ne l’a pas. Mais au final, entre ce que j’avais écris et le résultat, il y a peu de différence. 

Combien de temps a duré le tournage, et quelles en étaient les conditions ? 

Le tournage a eu lieu en 2017. Il a duré près de 150 jours, et plus de 200 en comptant l’aspect logistique et technique. C’était un peu dur avec -40°c, mais je l’ai choisi. 

En dehors du tournage, comment viviez-vous ?

On est en tente pour le côté aventurier (rires). C’est surtout pour rester avec l’animal et l’habituer à notre présence. On faisait des grands feux de bois au milieu. On se relayait toutes les deux heures pour les raviver. On enterrait les caméras pour les protéger du froid. Sinon, on a aussi vécu dans des petites cabanes que nous avions repérées en amont. 

Comment avez-vous trouvé ce petit renne ? 

On a essayé de filmer des naissances de rennes. On a mis beaucoup de temps car les femelles nous craignent. Et au bout de quelque temps, l’une d’elles s’est approchée de nous, avant de s’éloigner un peu et de mettre bas. Dès que le petit a ouvert les yeux, il nous a vus. Nous faisions alors partie de son environnement. Il nous a acceptés dans son entourage et ça été une vraie chance pour nous. 

Aïlo, est-ce le vrai nom du petit renne, ou c’est juste un nom pour le cinéma ? 

C’est un prénom sami (ndlr : peuple de Laponie). J’ai discuté avec un éleveur qui m’a dit que son fils s’appelait comme ça.
Voilà comment ce nom a été trouvé. Dans le script d’origine c’était Aïko, mais ça faisait trop asiatique. 

Vous avez déjà réalisé d’autres films animaliers (ndlr : « Le babouin qui voulait être roi », « Vivre avec les loups », … diffusés sur France 2). Est-ce votre spécialité ? 

C’est ce que j’ai fait jusqu’à présent. J’aime créer et raconter des histoires que je construis en amont. 

Aujourd’hui, votre film est plus que jamais d’actualité…

Oui, surtout là-haut où la fonte des glaces se fait deux fois plus vite qu’ailleurs. D’ailleurs, il n’y a plus de petit renard polaire. Avec le réchauffement, le renard roux est monté pour manger la nourriture du renard polaire qui n’avait déjà plus beaucoup d’espace de vie. 

Pour la voix off de Aïlo, vous avez fait appel au chanteur et auteur Aldebert. Comment et pourquoi ce choix ? 

En voiture, on écoute beaucoup Aldebert pour les enfants. Un jour, ma femme m’a dit « tu devrais lui demander ». Et j’ai pris contact avec lui. 

Est-ce qu’on verra prochainement Aïlo à la télévision ?

Pas encore. Il est vendu dans 32 pays. Là, il vient de sortir en Italie (ndlr : il est sorti au cinéma en France en mars, et vient de sortir en DVD) et sortira bientôt aux États-Unis.

Quand on revient d’un tel voyage, est-ce qu’on trouve qu’il fait chaud en Normandie ? 

Euh… il fait humide. Je ne suis pas quelqu’un de frileux. Même en hiver je suis en bermuda. 

Quels sont vos projets maintenant ? 

Je vais adapter au cinéma le livre Rroû de Maurice Genevoix. Son livre évoque la relation d’un petit chat et d’une enfant. Avec Bonne Pioche Productions je vais aussi réaliser un film qui va se passer sous l’eau et qui racontera l’histoire d’un hippocampe. Enfin, je vais réaliser un téléfilm pour France 2 « Japon, le dernier refuge », sur la vie des animaux la nuit. 

Guillaume Maidatchevsky, vous êtes plutôt…

Neige ou sable fin ?

Je dirais neige. Mais j’adore aussi le sable fin car je fais beaucoup de sports nautiques.

Vin chaud ou thé glacé ?

Thé glacé, car je ne bois pas d’alcool.

Aurores boréales ou arc-en-ciel ?

Les deux sont magiques. Mais j’ai envie de dire aurores boréales.

Renne de Laponie ou vache de Normandie ?

Vache de Laponie (rires). Non, vache de Normandie pour le cœur car ma grand-mère était agricultrice. 

Reine de Suède ou Reine des Neiges ?

Reine de Suède. J’en peux plus de la Reine des Neiges.

Froid polaire ou froid normand ?

Froid polaire car il est sec.

Petite reine ou traîneau ?

Traîneau… Je ne suis pas très vélo. Je fais plus de paddle.

Caméra pour le travail ou appareil photo pour les vacances ?

Caméra !

Du genre à prendre les rênes ou à vous laisser guider ?

Dans mon métier, à prendre les rênes. Dans la vie privée, c’est l’inverse. 

error: Contenu protégé. Contactez-nous pour l\'utiliser.