Le beffroi de Dives-sur-Mer dans “Immo-Patrimoine”

À Dives-sur-mer le beffroi va devenir
le phare culturel intercommunal

Témoin de l’héritage historique de Dives-sur-Mer, le beffroi de l’usine Tréfimétaux dresse une silhouette bien connue des Divais. Son histoire remonte à 1891, quand l’industriel Pierre Secrétan lance la construction d’une usine de fabrication de produits à base de cuivre et de zinc. Ce faisant, il marque l’entrée de la ville dans l’ère industrielle, ce qui va considérablement et durablement en modifier le paysage urbain et social. Lors du décès de Pierre Secrétan en 1899, l’usine produit 5 500 tonnes de cuivre transformé contre 1 300 en 1894. 

L’usine se développe tout au long du XXe siècle avec l’arrivée de nouvelles productions (laiton, aluminium, duralumin, maillechort, plastique). Elle est exploitée par plusieurs entreprises depuis sa construction avant d’être reprise en 1943 par la compagnie générale du duralium et du cuivre (CEGEDUR). Les clients de l’usine sont éclectiques : orfèvrerie, armement, électrique, alimentaire, chimique et automobile. 

De 2 149 employés en 1917, l’entreprise passe à quelques 930 en 1983. Pourtant, pendant des générations, les ateliers attirent des ouvriers normands, marocains, polonais et russes qui s’installent à Dives-sur-Mer ou ses environs. On en trouve les traces dans les patronymes de nombre d’habitants. C’est également là l’origine des cités ouvrières « blanches », construites entre 1913 et 1916 et « rouges », construites en 1924 et 1925. Avec la population ouvrière se développent les jardins ouvriers et de nombreuses associations culturelles et sportives qui font aujourd’hui encore la richesse de la ville.

Devenue Tréfimétaux en 1967, l’usine ferme ses portes en 1986 et sera bientôt rasée pour laisser place au nouveau quartier de Port-Guillaume. De ce complexe industriel il ne subsiste aujourd’hui que ce qui était le logement patronal affublé d’un beffroi dans un style très XIXe siècle mêlant pierre et brique. En 2007, le bâtiment est inscrit aux Monuments historiques. Au cours des prochains mois il va être restauré pour accueillir en 2021 le Sablier (Centre National des Arts de la Marionnette) et l’École de Musique intercommunale. Actuellement, cette dernière est répartie sur deux sites, à Cabourg et Dives-sur-Mer. Elle s’étendra sur trois niveaux avec 11 salles pour les cours de musique et un auditorium de 60 places. Le Sablier disposera quant à lui d’un hall d’accueil menant à la salle de spectacle qui sera construite à l’arrière du bâtiment. Avec la médiathèque et la Maison Bleue, l’ensemble va devenir un pôle culturel pour l’ensemble de la communauté de communes. Le coût total du chantier est de 2,9 millions d’euros. Voilà un bel exemple de reconversion industrielle qui permettra à Dives-sur-Mer d’arborer fièrement son passé tout en mettant au service des citoyens un lieu emblématique de la cité.

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