Le Manoir de Sens – Reportage en Normandie

Le Manoir de Sens ou le sens de la vie de Philippe David

 

À Beuvron-en-Auge, sur les hauteurs de la petite ville, un domaine d’une centaine d’hectares laisse sans voix le promeneur qui ose s’y aventurer. Après le portail, une cour de graviers blancs et des pelouses parfaitement entretenues, style Pays d’Auge, le Manoir de Sens se tient imposant, là, devant vous. Avant la Révolution française, le château appartenait à la famille de Sens, et par alliance au Conte de Grais, premier maire de Beuvron-en-Auge. Détruit à cette époque, le domaine était composé d’une chapelle, d’une cour d’honneur, d’un grand jardin et d’un colombier, le tout entouré de fossés. L’actuel Manoir de Sens voit le jour après la Révolution.

C’est en 1967 que le domaine est racheté par la famille David, alors commerçants à Vire. Philippe, leur fils, n’a que 17 ans mais montre 

déjà un intérêt particulier pour reprendre la demeure familiale. Philippe partageait avec son père l’amour des chevaux, et naturellement
devint éleveur puis entraîneur de trotteurs français. C’est en 1985 qu’emporté par sa passion il construit le haras qui abrite son écurie de trotteurs français, ce dont il est très fier ! Au total, 100 hectares destinés à
l’élevage, la reproduction et l’entraînement de sa quarantaine de chevaux. Philippe David a voulu se distinguer de son père dont l’élevage portait le suffixe « de Sens », en créant le sien « de Padd ». « Je voulais me démarquer de mes parents. Je ne voulais pas que ça fasse trop « usine ». Aujourd’hui je le regrette… »

Neuf ans plus tard, en 1994, Philippe David reprend l’affaire familiale et transforme totalement le domaine. « J’ai fait de cet endroit exceptionnel un lieu de réception, pour partager sa beauté. Le manoir est devenu chambres d’hôtes et l’écurie s’est métamorphosée en salle de réception. Mariages, anniversaires, ou retrouvailles en famille ».

Il est vrai que le Manoir de Sens est le lieu idéal ! Il compte sept chambres de grand confort, à la décoration atypique et d’époque. Le plus étonnant, c’est que Philippe David a organisé lui-même les lieux de fond en comble ! La pièce principale où les convives
déjeunent est lumineuse et conviviale grâce aux travaux réalisés de ses propres mains. « Il a fallu tout repenser… La salle était sombre, j’ai donc ajouté des fenêtres en PVC accessoirisées de volets roulants. 
J’ai toujours été en avance sur mon temps
 », s’amuse-t-il.

L’écurie de l’époque de ses parents, renommée « Grandes Écuries » est devenue la salle de réception. Elle peut accueillir de 80 à 450 personnes assises ou 650 debout grâce à son rez-de-chaussée et
sa mezzanine.

 

Boogie Woogie, swing à Beuvron-en-Auge 

Entrepreneur infatigable, cavalier aguerri, architecte d’intérieur et d’extérieur, mélomane fou de musique, producteur confirmé. Rien
n’arrête cet homme aux multiples facettes. 

C’est dans les « Grandes Écuries » qu’il organise des soirées Boogie Woogie, depuis 23 ans. Deux fois par an, des pianistes internationaux,
parfois à quatre mains, jouent sur des Steinway, accompagnés d’un chef d’orchestre. Ces musiciens sont de plus en plus entourés et
applaudis par un public en liesse.

Sans être originaire de Beuvron-en-Auge, Philippe David a appris à aimer cette bourgade classée parmi les plus beaux villages français. Et si je vous disais que sur la place, la maison dite « Lemoine » a brûlé en 1919 ! Vous me diriez « ça tombe sous le sens ! » Il ne lui en fallait
pas tant et « ni une, ni deux », en 2000, il retape
tout le bâtiment… et le nomme « Trois Damoiselles ». Nom inspiré par son style moyenâgeux avec encorbellement et colombages, mais
également hommage aux trois filles du couple : Laure, Delphine et Alice. Aujourd’hui, le village s’en trouve transformé et donne vie à un nouveau
lieu d’accueil composé de cinq chambres et d’un bistrot. « C’est mon bébé », ajoute-t-il avec beaucoup d’émotion.

Vous l’avez bien compris, dès qu’un espace est disponible ou vide, Philippe s’en empare. C’est comme ça qu’il a transformé lui-même la grange qui contenait auparavant du foin en théâtre : le « théâtre trot ». « C’est un jeu de mot qui désigne théâtre en italien et un clin d’œil au milieu des chevaux », explique-t-il très fier de sa trouvaille.
Le théâtre pourra servir de salle de conférence et accueillir jusqu’à 150 personnes.

Heureux et fier de la vie qu’il mène, Philippe David apporte un virage touristique à son manoir en partageant aussi son amour des chevaux grâce à des visites guidées en groupe. 

Il a été récompensé et remercié pour son activité au sein de Beuvron-en-Auge en recevant le trophée du tourisme en 2004 et la Médaille nationale du Tourisme en 2010.

MC

Infos pratiques

www.manoirdesens.com

02 31 79 23 05

error: Contenu protégé. Contactez-nous pour l\'utiliser.