Le mécanisme des marées dans “Cultur’et vous”

La minute cultur’G :

Le flux et le reflux me font « marée »

(Raymond Devos)

Comment ça ? Aujourd’hui aussi, il y aura deux marées hautes et deux marées basses ? Alors c’est tous les jours, comme ça ? Eh oui, mon brave monsieur… c’est tous les jours comme ça ! Bon, vous pourriez vous contenter de ce que nous rapporte, le plus sérieusement du Monde, Jérôme Duhamel dans « Le Dico tout fou des écoliers », pour en expliquer le phénomène. « Pour que la marée monte, il faut bien que la Terre descende un peu… ». Allez hop, fin de la leçon ! Récréation ! Vous pouvez mettre à profit le temps de gamberge sur le thème des marées ainsi économisé pour courir sur l’une des merveilleuses plages de la Côte Fleurie : à marée haute pour la baignade, ou à marée basse pour y ramasser les coques. Sinon, tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les marées sans jamais avoir osé le demander, vous le glanerez en poursuivant la lecture de cet article.

Ce n’est un secret pour personne : dans l’univers, tous les corps s’attirent, plus ou moins. Tout dépend de leur masse et de la distance qui les sépare. C’est ainsi que la Terre attire la Lune, mais que la Lune attire également la Terre. Sous l’effet de l’attraction de la Lune, notre planète se déforme. Elle s’ovalise en quelque sorte. À la verticale de la Lune, les océans enflent, et forment un bourrelet : c’est alors la marée haute. Puis, 6 heures après la marée haute, la Terre a fait un quart de tour ; c’est la marée basse.

Bon, jusqu’ici tout va bien ! Mais, me direz-vous, il y deux marées par jour. Elle vient d’où la deuxième marée ?

La seconde marée s’apparente à une mécanique céleste… Laissez-moi vous expliquer ! Vous n’êtes pas sans savoir que la Terre tourne sur elle-même, et tourne aussi autour du Soleil. Mais ce n’est pas tout. Le couple Terre/Lune tourne autour d’un centre de gravité commun, que l’on appelle le barycentre. 

Imaginez que dans sa course autour du Soleil, la Terre dessine des petits cercles. Ce mouvement crée une force centrifuge. Ainsi, si la première marée est due à l’attraction de la Lune, comme expliqué plus haut, 12 heures après, quand la Terre a fait un demi-tour, la seconde marée est due à cette force centrifuge.

Et il ne faut pas oublier que notre bon gros Soleil joue également un rôle dans la force des marées. Le Soleil exerce, lui aussi une force d’attraction. Mais, comme il est beaucoup plus loin que la Lune, il a moins d’incidence sur les marées. Ainsi, lors des pleines ou nouvelles lunes, quand la Terre, la Lune et le Soleil sont alignés, les forces d’attraction de la Lune et du Soleil s’ajoutent. Ce sont des grandes marées, dites de vives-eaux. À l’inverse, lors du premier ou du dernier quartier de lune, quand la Lune et la Terre forment un angle droit avec le Soleil, les forces d’attraction se contrarient. Ce sont des marées de faible coefficient, dites marées de mortes-eaux. 

Le coefficient de marée s’exprime en centièmes et varie de 20 à 120, et indique la force de la marée. Coefficient 20, définit la plus faible marée possible ; coefficient 120, la plus forte marée possible. Le coefficient moyen est 70, il définit la séparation entre vive-eau et morte-eau.

Vous aurez également remarqué que l’heure de pleine mer ou de basse mer varie d’un endroit à l’autre le long des côtes. Si la vitesse de propagation est élevée dans les eaux profondes (400 nœuds en Atlantique, soit environ 200 mètres par seconde), elle est beaucoup plus faible dans les eaux peu profondes (30 nœuds en Manche, soit environ 15 mètres par seconde). Cette vitesse détermine le décalage des horaires de pleine mer en différents lieux.

error: Contenu protégé. Contactez-nous pour l\'utiliser.