Les coulisses d’une vente aux enchères | REPORTAGE EN NORMANDIE

Dans les coulisses d’un vide-maison version château

 

La maison de vente Paris enchères et son antenne normande, Liberté enchères (que nos lecteurs connaissent bien) organisent le dimanche 1er mars une « vente de château » à deux pas de Saint-Pierre-sur-Dives. Il n’en fallait pas plus pour piquer la curiosité de la rédac’ ! Nous sommes donc partis à la rencontre d’Éléonore Chalmin qui organise depuis plusieurs années ces ventes peu communes.

Le château de la Quaize, à Bretteville-sur-Dives, abrite la même famille depuis plusieurs générations. Autant vous dire que le lieu est chargé en histoire(s)… et en objets. Les propriétaires, trop âgés, ne se sentent plus capables d’entretenir et de vivre dans cette imposante bâtisse. En accord avec leurs descendants, ils ont décidé il y a quelques mois de vendre la demeure familiale, une première étape. Vient alors l’épineuse question du contenu de la maison. Jetez un œil autour de vous et voyez la quantité d’objets accumulés au fil de votre vie dans votre maison. Projetez cela à l’échelle de plusieurs générations et vous comprendrez aisément que le problème n’est pas simple à régler. C’est là qu’entre en jeu notre spécialiste normande des enchères, Éléonore Chalmin. Les propriétaires ont fait sa rencontre lors d’une journée d’expertise gratuite à Deauville en octobre dernier (les fidèles lecteurs de La Gazette fleurie se souviendront avoir lu quelques lignes à ce sujet). La vente aux enchères est attractive pour les vendeurs, ne serait-ce que parce que tout peut se faire sur place. Il n’y a donc pas de frais de transport qui viendraient grever les profits de la vente. L’œil expert d’Éléonore évalue alors les objets présents dans la maison. Beaucoup d’expérience et quelques heures passées sur place lui permettent d’annoncer à la famille une estimation globale d’une vente aux enchères. Une fois ce paramètre validé par toutes les parties prenantes, le processus peut commencer. 

220 lots répertoriés, fichés, évalués

Les équipes de Paris enchères et de Liberté enchères programment alors une journée afin de répertorier les objets à vendre. C’est à dire tout, sauf ce que la famille souhaite garder. Le but est qu’à la fin de la journée la maison soit vide. Il faut donc explorer chaque pièce, de la cave au grenier. Une fois répertoriés, les objets sont évalués afin d’aiguiller les futurs acheteurs. Dans la plupart des cas l’évaluation peut se faire en interne, mais pour certains objets très spécifiques le recours à un expert spécialisé peut s’avérer indispensable. L’étape suivante consiste à regrouper certains objets en lots (les livres, par exemple, ne sont pas vendus individuellement), à les numéroter et à les prendre en photo sous toutes leurs coutures. Tous ces renseignements sont regroupés sur une fiche créée pour chaque objet ou lot d’objets mis en vente. Les photos doivent mettre en évidence les éventuels défauts afin de ne pas tromper l’acheteur. C’est un travail de fourmis, qui nécessite une organisation hors pair. L’inventaire doit être bouclé en moins de deux jours. Il ne reste ensuite plus qu’à mettre toutes les fiches en ligne sur le catalogue de la vente. 

Deux jours d’exposition

Que vous soyez collectionneur, professionnel ou simple curieux, nous ne pouvons que vous recommander de venir faire un tour à cette vente. Vous y trouverez sans mal de quoi aménager ou décorer votre maison. Allez, on ne résiste pas à l’envie de vous dresser un inventaire à la Prévert : médailles (nous sommes chez une famille de militaires), lots de porcelaines, de livres, de cuivres, tables, chaises, pendules, drapeaux, très bons vins (notamment du Dom Pérignon 2000), gravures, lampes, … On vous avait prévenu, il y a de tout ! Au milieu de ces biens hérités de plusieurs
générations, se trouvent quelques pépites. 

À commencer par ce service de 48 verres Daum (verres à vin blanc, vin rouge, eau et flûtes à champagne). Vous pouvez les acheter neufs dans les magasins qui vendent la célèbre marque française, mais comptez tout de même 350€ par verre. Autant dire que l’heureux futur propriétaire de ce service (toujours dans sa boîte d’origine) fera à coup sûr une affaire. 

On peut également évoquer ce carnet de dessins réalisés par une peintre, ancêtre de la famille : Antoinette Robillard. Paysages, animaux, natures mortes sont reproduits avec une infinie délicatesse. Ce genre d’objet est très rare et ne se trouve quand dans les belles maisons. 

Clou du spectacle, cette vitrine qui renferme des dizaines d’oiseaux naturalisés, dont certains très rares et donc d’une grande valeur. Ce lot s’adresse à des collectionneurs et sera donc vendu à Paris dans quelques mois. Néanmoins vous aurez la chance de pouvoir l’observer lors de l’exposition. Parole de Gazette fleurie, on n’avait jamais rien vu de tel !

Les objets cités et tous les autres seront visibles, dans leur contexte d’origine, sur rendez-vous le vendredi 28 février, et en visite libre le samedi 29 février à partir de 10h. N’hésitez pas à franchir le pas, ne serait-ce que par curiosité. Et qui sait, peut-être aurez-vous le coup de cœur pour un lot. Il vous faudra alors revenir le lendemain pour la vente à proprement parler. 

Adjugé !

Les 220 lots seront proposés au plus offrant le dimanche 1er mars à partir de 14h30. Vous ne verrez alors plus les objets, qui auront auparavant été rangés dans l’ordre du catalogue. La vente se fera à partir de photos projetées sur un grand écran dans la grange attenante au château. On vous rassure, elle sera chauffée pour l’occasion, et vous serez confortablement assis sur les chaises d’école de votre enfance (qui seront d’ailleurs le dernier lot à vendre, histoire de ne pas finir les fesses au sol).
On se doute qu’il y a parmi vous de parfaits néophytes. Alors voilà comment ça va se passer. Une fois que sera venu le tour de ce petit guéridon que vous avez repéré lors de l’exposition, le commissaire-priseur annoncera un prix de départ, généralement aux alentours de 50% de sa valeur. À noter que, contrairement à certaines ventes aux enchères, il n’y a pas de prix de réserve : si personne n’est intéressé par ce guéridon dont les enchères commencent à 50€, vous pouvez l’emporter pour 60€, même s’il est évalué à 100€.

Dans le cas où il y aurait de la concurrence sur ledit meuble, le commissaire-priseur annoncera au fur et à mesure les enchères : 100, 120, 150, 180, 200, 300, 400, etc. Bon, si ça en arrive à ces sommes, on vous conseille quand même d’abandonner, ça commence à faire cher le guéridon ! Mais admettons qu’à 100€ personne ne surenchérisse. Pan, coup de marteau, adjugé ! Le guéridon est à vous ! Un des organisateurs viendra alors vous voir avec une étiquette et prendra les références de votre carte bancaire (histoire d’éviter les petits malins qui pensaient simplement rigoler deux minutes en levant la main). Précision importante : 20% de frais s’additionneront au montant adjugé. C’est-à-dire que votre petit guéridon vous coûtera en réalité 120€. Ces frais sont tout simplement la rémunération de l’entreprise organisatrice. Tout est clair, il suffit de le savoir ! 

À la fin de la vente, vous irez à la caisse avec votre ticket (ou vos tickets si vous avez aussi flashé, par exemple, sur cette petite bouteille de Château Mouton Rothschild). Contre paiement, on vous tamponnera votre reçu qui vous permettra d’aller directement chercher votre acquisition au château. Rassurez-vous, si vous achetez trois lits il y aura toujours la possibilité d’organiser un transport le lendemain. 

Vous voyez, c’est aussi simple que ça ! C’est d’ailleurs l’ADN de ces ventes dominicales. Les gens viennent certes faire de bonnes affaires, mais aussi passer un bon moment. 

À la fin de la journée, la maison sera vide, ou peu s’en faut. Votre coffre, lui, sera certainement plein. Bref, tout le monde sera content !

Infos pratiques

Exposition publique le 29 février à partir de 10h

Vente le 1er mars à partir de 14h30

La Quaize – Bretteville-sur-Dives

06 13 55 87 40

Catalogue disponible sur 

www.interencheres.com

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