Les ESATS, chouchous made in Normandie

Sourires et joie de travailler dans les ESATS

de Dozulé, Dives-sur-Mer et Troarn

L’APAEI Côte Fleurie (Association des Parents et Amis d’Enfants Inadaptés) est un mouvement associatif créé pour développer une politique de solidarité à l’intention des personnes atteintes d’un handicap mental et de leurs familles. Aujourd’hui, la structure accompagne au quotidien 426 personnes au sein de ses 12 établissements et services adaptés répartis entre 4 pôles : enfance, soins, hébergement et travail. La rédac’ est partie à la rencontre de Gilles Paugam, directeur des trois ESATs (Établissement et Service d’Aide par le Travail) que compte le pôle travail. Chemin faisant, nous avons croisé Guillaume, Marion, Philippe, Sophie, François, Christelle… à qui on avait promis ce petit clin d’œil, sans oublier bien entendu tous les autres travailleurs croisés et aperçus sur les sites visités.

Pouvez-vous retracer pour nos lecteurs un bref historique de votre association ?

Tout a démarré par la colère de M. et Mme Vasner, obligés de faire classe à domicile à leur enfant et deux de ses amis handicapés, faute de réponse éducative adaptée. Face à ce vide, ils décident de fonder le 12 février 1960 l’association des papillons blancs de la Côte Fleurie (qui deviendra plus tard l’APAEI de la Côte Fleurie) dans le but d’ouvrir une école. Les besoins évoluant, l’association a créé des services au fur et à mesure de l’avancée en âge des enfants des adhérents.

Quelle est la capacité d’accueil des trois ESATs dont vous assurez la direction ?

Nous pouvons accueillir 100 personnes à l’ESAT « Les Ateliers de la Dives » de Troarn, 90 personnes l’ESAT « Robert Grandie » de Dozulé et 50 personnes à l’ESAT « Le Conquérant » de Dives-sur-Mer.

Quelles sont les activités exercées par ces établissements ?

Chaque établissement est divisé en ateliers qui proposent des prestations de service diverses et variées. Nous sommes parvenus aujourd’hui à une réelle professionnalisation de nos structures, et ipso facto des prestations qu’offrent nos ESATs

  • Prestations en entreprises (conditionnement, entretien de plantes d’agrément, aide logistique, etc.)
  • Montage d’éléments mécaniques et électriques
  • Façonnage de cartons
  • Travail du bois (palettes, caisses, mobilier d’extérieur, bûchettes, casiers, articles de décoration, etc.)
  • Travail administratif (tri postal, mise sous pli, mailing, saisie, numérisation, colisage, etc.)
  • Entretien des espaces verts
  • Métallerie
  • Boutique (plantes de saison, articles de décoration, allume-feux, etc.)
  • Nettoyage de locaux (prestation en cours de création)

Que pouvez-vous nous dire sur le profil des travailleurs qui évoluent au sein de chacun de ces trois ESATs ?

Ce sont des personnes qui font preuve d’une adaptabilité remarquable. Ils sont capables de manier des outils avec une dextérité surprenante. Je vous promets que toutes nos travailleuses et tous nos travailleurs sont animés par l’envie d’exceller et cultivent l’amour du travail bien fait. Ils sont nombreux à intégrer des programmes de formation gratifiants et diplômants, qui leur ouvrent les portes des entreprises telles qu’un centre de tri de colis dans la périphérie de Caen. Ce partenariat bipartite est une franche réussite en ce qui nous concerne.

Quelles sont les perspectives de développement des ESATs que vous dirigez ?

C’est un point en perpétuelle réflexion. Nous développons une boutique située 4 rue Émile Nicol à Dozulé. Les particuliers peuvent y trouver des articles de décoration, des petits meubles et des plants de saisons élevés dans notre serre.

Qu’est ce qui pourrait inciter des entreprises locales à faire appel à vos services ?

Il y a pour les entreprises dont le nombre excède 19 personnes une obligation de recruter un certain nombre de salariés en situation de handicap. Les entreprises qui ne se conforment pas à cette obligation s’exposent à des pénalités. Le fait de faire appel à nos services permet de régler une partie de cette obligation. Travailler avec un ESAT est toujours un partenariat gagnant-gagnant tant sur l’amélioration de l’acceptation de la différence, que sur les plans économiques et sur la qualité du travail réalisé.

Quel message aimeriez-vous faire passer à nos lecteurs, par le biais de cet entretien ?

Je les invite à se familiariser avec nos structures, en parcourant notre site Internet : www.apaeicf.org. Les trois ESATs que je dirige font partie, indiscutablement, du tissu économique local. À ce titre, une synergie avec les entreprises conventionnelles est tout à fait envisageable. Nos travailleurs, au travers d’une abnégation indéfectible et d’un engagement total, méritent très sincèrement que l’on porte un regard nouveau sur ce dont ils sont capables. 

« Chaque fois que l’on fait passer nos différences avant nos ressemblances, on met le doigt dans un processus d’affrontement » disait Élisabeth Badinter. Ainsi, si votre chemin croise celui de l’un de nos travailleurs, soyez certain qu’il ou elle vous adressera un regard bienveillant et un large sourire. Plutôt que de presser le pas et de baisser les yeux, n’hésitez pas à échanger votre regard avec le sien, et à lui adresser un sourire en retour. Cela vous apportera, entre autre, un immense rayon de soleil qui compensera avantageusement la grisaille de ces journées automnales.

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