Pascal Chesneau dans “Cultur’et vous”

À MOYAUX, Pascal Chesneau donne
corps au règne animal

Nous vous emmenons aujourd’hui à la rencontre d’un sculpteur pas comme les autres qui conjugue à merveille les verbes créer et agir. 

Natif de Bretagne, Pascal Chesneau a une formation de ferronnier tuyauteur héritée d’une première vie dédiée à la construction navale. Après un détour par la Savoie, il finit par poser ses valises avec femme et enfants en Normandie. C’est là qu’il se réinvente et qu’il commence à créer. D’abord sur le bois, matière avec laquelle il traite en particulier les chevaux. La profusion des modèles en Normandie – terre de cheval par excellence – lui facilite la tâche et lui permet de mettre un premier pied dans le monde de la sculpture animalière.

À l’occasion d’une commande de la ville de Lisieux il retourne vers une matière qu’il connaît parfaitement de par sa formation : le métal. Dix ans plus tard il continue de donner vie à son bestiaire à partir de l’acier, un support qui lui permet d’allier légèreté du style et envergure des créations. Ses animaux font de 20 à… 250 cm et il a même pour projet de sculpter un éléphant à taille réelle pour une exposition aux États-Unis l’an prochain ! 

Quand il commence à travailler le métal en 2010, il utilise des capots et des toits de voiture afin d’associer son art à l’écologie et au recyclage. Mais l’artiste comprend rapidement que le décapage de la matière première génère plus de pollution que s’il achetait du métal neuf. Preuve s’il en est besoin que l’écologie n’est pas un art facile et qu’une action bien intentionnée peut présenter un bilan pour le moins mitigé. La préservation de l’environnement est pourtant un sujet qui lui tient à cœur. Ses représentions d’animaux vous prennent aux tripes. Les êtres vivants parmi les plus grands et les plus puissants de la planète sont représentés de façon aérée, transparente. On comprend la fragilité de ces espèces – pour certaines en voie de disparition – à travers les œuvres de Pascal Chesneau. D’aucuns pourront voir dans ces animaux décharnés des zombies errants sur une Terre ravagée par la bêtise humaine. Cet engagement en faveur de la biodiversité, il l’assume clairement. Et pour cause, à l’occasion de sa première collaboration avec la prestigieuse fondation David Shepherd, il reçoit en 2014 le prix Wildlife Artist Of The Year. C’est l’occasion pour lui de participer au combat pour la biodiversité, à son échelle, à sa manière. La mission de cette fondation est en effet de récolter des fonds lors d’une expo-vente annuelle à Londres et d’utiliser ce budget pour la préservation des espèces en danger.

Au-delà de Londres et de l’Angleterre, vous pourrez admirer son travail à Paris, à Angers, au Touquet, … Plus proche de nous, le manoir de Tourgéville abrite tous les ans ses œuvres pendant une partie de l’année. Et si vous passez du côté de La Féronnière (ça ne s’invente pas !) à Moyaux, n’hésitez pas à vous arrêter discuter et admirer le travail de ce magicien du métal.

Un artiste engagé, désireux de concilier son savoir-faire avec la préservation de l’environnement et de la diversité animale. Chapeau, l’artiste !

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