Saut en parachute dans “On a testé pour vous”

On a testé pour vous… la chute libre à 3 000 mètres d’altitude !

 

À l’âge où j’entamais paisiblement ma vie de jeune adulte, des soldats venus de l’autre bout du monde sautaient dans le vide sous le feu des canons ennemis, leur existence pendue à un simple parachute. Je n’arrivais pas à imaginer ce qu’ils avaient pu ressentir au moment où la porte de leur avion s’était ouverte. Alors je me suis dit qu’en faisant moi-même un saut en parachute, j’allais peut-être avoir un élément de réponse.

Voici comment on se retrouve, par un beau mais frais dimanche après-midi de mai, devant l’aéroport du Havre-Octeville. Je me sens plutôt bien, détendu.

Après un peu d’attente, on me donne de quoi me changer. Me voilà équipé d’une combinaison jaune et noire qui me fait un peu ressembler à un frelon. Le moniteur avec qui je vais sauter en tandem me briefe sur le déroulement du saut. Je sens la pression monter, ses paroles m’aidant à imaginer un peu mieux la scène.

C’est l’heure ! Nous prenons place avec un autre tandem dans un petit avion dont le confort n’est pas la qualité première. Le vol dure 25 minutes, le temps de monter en l’altitude et d’atteindre la zone de largage (histoire de ne pas de se retrouver à atterrir au beau milieu du Havre…). Je distingue très clairement Étretat et son aiguille. Rien que pour la vue, je ne regrette pas l’expérience. Je me sens de moins en moins serein à l’approche inexorable du moment fatidique. Le froid n’aide pas : il fait -12°c dans l’avion ! Le pilote tape sur l’épaule de mon moniteur : saut dans 1 minute. Gloups.

Je suis devant le moniteur, c’est donc moi qui me retrouve dehors en premier. Tandis qu’il est toujours assis sur le bord de l’avion, je suis déjà littéralement dans le vide, retenu par les sangles qui me lient à mon partenaire. Je ne pense pas trop à ce qui va arriver dans les prochaines secondes, je me concentre surtout sur les instructions reçues un peu plus tôt. Au moment convenu, je m’exécute et bascule dans le vide, les jambes en arrière comme pour toucher le dessous de l’avion.

Après un bref moment de flottement, je ressens une grande violence. La pression de l’air froid sur mon corps et sur mon visage est terrible. Nous tombons dans le vide à 200 km/h. Imaginez sortir votre main par la fenêtre d’une voiture qui roule à cette vitesse ! Le moins que l’on puisse dire c’est que ça décoiffe ! Je suis à la fois terrifié et émerveillé, c’est une sensation indescriptible ! D’un coup, la vue se bouche et je ressens de l’humidité : nous traversons un nuage. La chute libre ne dure 35 secondes, mais le moment est hors du temps.

Nous sortons du nuage, le paysage réapparaît et le parachute s’ouvre dans la foulée. Sans violence, son déclenchement nous tire en arrière. Le plus impressionnant est fait ! Ah bah non en fait : mon moniteur m’avait prévenu qu’il allait desserrer les sangles qui me raccrochent à lui une fois le parachute ouvert. Je descends d’un coup d’une dizaine de centimètres ! Ça n’a l’air de rien, mais ça surprend ! Passée cette émotion, je profite du paysage. Le moniteur me passe les commandes de la voile. C’est enfantin ; on tire à droite et ça tourne à droite, on tire à gauche et ça tourne à gauche. Après quelques virages, je laisse les commandes pour la dernière partie de la descente.

Nous approchons du sol. Je me souviens là encore des instructions et mets les jambes en avant pour anticiper le choc de l’atterrissage, qui se fait tout en douceur.

Nous venons de parcourir 3 kilomètres à la verticale en moins de 5 minutes ! Quelle expérience inoubliable !! Je la recommande sans hésiter… aux personnes certaines de vouloir le faire jusqu’au bout, car une fois dans l’avion il n’est plus question d’hésiter !

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